Il y a moins d’une semaine, on apprenait avec une certaine stupéfaction qu’un colloque au Collège de France avait été annulé, puis finalement déplacé dans un autre lieu et que le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace avait cru bon d’écrire à l’administrateur du Collège de France pour l’interroger sur la teneur et la tenue du colloque en question. L’affaire a fait grand bruit, à juste titre assurément.
Pour sa part, QSF, profondément attachée à la liberté académique et ce depuis de longues années, s’inquiète des atteintes et menaces dont elle fait l’objet régulièrement alors même que rapport et colloques se multiplient sur la question. Depuis plusieurs mois, nous assistons à des retraits, des critiques fortement médiatisées, à des positions où le débat et la discussion qui devraient être la règle dans la vie scientifique, s’effacent au profit de postures. La dernière affaire où l’Etat, par la voix du ministre, s’exprime et pèse manifestement sur la décision d’un administrateur, est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans un contexte international où le pouvoir politique se permet, dans certains pays, dont le plus notable est les Etats-Unis, d’intervenir à grand fracas dans la vie scientifique des universités au nom d’une idéologie qui n’a rien à voir avec les enjeux de la recherche, ni la formation universitaire.
QSF rappelle les principes de base de la liberté académique qu’elle a toujours défendue : l’université est par excellence un espace de réflexion critique, d’échange informé, de compréhension qui dépasse les identités, appartenances et convictions politiques des uns et des autres. La liberté académique doit être défendue comme un bouclier protégeant les chercheurs contre les menaces idéologiques, politiques, financières, partisanes. Elle n’est cependant pas une garantie d’immunité absolue, mais doit nécessairement s’accompagner du respect de la déontologie propre à la recherche scientifique, qui seule permet de justifier son existence. Nous affirmons la nécessité absolue que ces bases soient respectées dans l’enseignement supérieur français et par le ministère, maintenant et à l’avenir.