Communiqués - Archives 2011

  • Le projet de nouvelle licence présenté au CNESER

    Date: 13 juillet 2011 | Catégories: Cneser, Communiqués

    Hier, le 12 juillet s’est tenue la session du CNESER au cours de laquelle devait être délibéré le projet d’arrêté instituant une nouvelle licence, concernant donc un texte controversé, qui risque de changer définitivement la portée et le sens de l’enseignement universitaire et la nature de ses diplômes. QSF avait réclamé, comme d’autres organisations (le SNESUP et le Syndicat autonome), le report de l’ordre du jour. Le nouveau ministre M. Laurent Wauquiez, qui faisait l’honneur aux membres de cette assemblée de présider cette session, l’a toutefois commencée en donnant la parole à toutes les organisations représentatives pour qu’elles expriment leur sentiment à l’égard du projet d’arrêté. QSF a rappelé son opposition à cette nouvelle licence, comme elle l’avait déjà fait dans son communiqué du 5 juillet, auquel elle renvoie pour ses propositions de réforme. À la suite de ce premier tour de table, le secrétaire général du SNESUP a rappelé la motion préalable qu’il avait lue au début de la réunion demandant le report de l’ordre du jour. Devant le refus de l’accorder opposé par le ministre, QSF a décidé de ne pas participer à la délibération portant sur ce projet, elle n’a donc proposé aucun amendement et a refusé de participer au vote. Le texte a finalement été adopté par 26 voix pour, 20 contre et 14 abstentions. Ce sont les organisations étudiantes qui ont permis de faire passer le texte. Lire la suite »

  • Le projet de nouvelle licence

    Date: 05 juillet 2011 | Catégories: Communiqués

    Le ministère de l’enseignement supérieur a publié, le 22 juin 2011, un communiqué intitulé « Nouvelle licence: une nouvelle formation pour un nouveau diplôme ». Selon ce communiqué, la nouvelle licence serait fondée sur une quadruple orientation : « faire de la licence une formation exigeante, professionnalisante et garantissant à tous les étudiants un diplôme de référence reconnu par les employeurs, tout en permettant la poursuite d’études. »

    QSF ne peut que souscrire à l’objectif d’une réforme qui rendrait ce diplôme plus attractif pour les employeurs et favoriserait l’emploi des jeunes diplômés. Elle tient cependant à exprimer les plus vives réserves sur la mouture actuelle de la réforme. QSF rappelle solennellement que l’objectif d’augmenter le taux de la population poursuivant des études au delà du bac ne doit pas être atteint par l’abaissement des exigences devant mener à l’obtention de la licence.

    Par conséquent, QSF s’oppose à une réforme de la licence qui prétende prendre en charge les difficultés des étudiants en situation d’échec sans aborder la question de l’accès à l’Université. Tel qu’il est conçu, le projet de nouvelle licence n’aboutirait qu’à la énième dévalorisation des diplômes universitaires, sans pour autant apporter des réponses crédibles aux besoins des bacheliers peu et mal formés. Si l’on entend la licence comme la suite naturelle et souhaitable du baccalauréat, il est évident que seule une réflexion globale sur les deux diplômes, sur leurs moyens et leurs objectifs, pourra offrir aux étudiants plus motivés la formation de qualité à laquelle ils ont droit, et aux étudiants en difficulté des solutions adaptées, qui ne s’inscrivent pas nécessairement dans le périmètre des études universitaires. Lire la suite »

  • L’affaire Luc Ferry – Quelles leçons en tirer pour les universités et les universitaires ?

    Date: 15 juin 2011 | Catégories: Communiqués

     

    La communauté universitaire est concernée par le différend qui oppose actuellement M. Luc Ferry à l’université Paris-Diderot. Elle s’inquiète des conséquences très négatives que son traitement médiatique peut avoir sur l’image des universitaires français.

    M. Luc Ferry, professeur des universités, et ancien ministre de l’Education nationale (2002-2004), se voit reprocher par son université d’appartenance (Paris-Diderot) d’avoir touché son traitement durant l’année 2010-2011, sans avoir assuré son service d’enseignant-chercheur. Il se défend en estimant qu’il exerce ses fonctions au Conseil d’analyse de la société (CAS), qui dépend du Premier ministre et auprès duquel il a été en effet détaché durant six ans (2004-2010). Mais, selon les faits rapportés par la presse, son université a refusé à l’automne 2010 de prolonger ce détachement et elle lui a rappelé à plusieurs reprises, et en vain, qu’il devait reprendre son service. Laissant de côté la discussion de la solution administrative envisagée pour régulariser cette situation, ainsi que toute personnalisation polémique, QSF entend faire trois observations. Lire la suite »

  • À propos de la restructuration disciplinaire

    Date: 08 mars 2011 | Catégories: Communiqués

    QSF tient à attirer l’attention de la communauté universitaire sur deux projets actuels de redécoupage du CNU et de sections du Comité National du CNRS dont l’importance doit être soulignée.

    La première restructuration concerne le domaine de la philosophie. La « nouvelle nomenclature des Sciences de l’Homme et de la Société » publiée fin 2010 dans un document du groupe « Stratégie nationale de recherche et de l’innovation » du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche prévoit une partition de la philosophie. Les philosophes se trouveraient répartis dans deux groupes. Un premier groupe, identifié par le mot clé « sciences cognitives » (une trentaine d’enseignants-chercheurs et chercheurs, CNRS et Universités regroupés), se trouverait inclus dans le sous-domaine SHS 4, « Esprit humain, Langage, Éducation ». Tous les autres chercheurs et enseignants-chercheurs français (plusieurs centaines), se retrouveraient dans la sous-section « Philosophie », qui serait placée avec les langues, la littérature, les arts, la religion, l’histoire des idées, dans un groupe SHS 5 « Langues, textes, arts et cultures », qui regrouperait ainsi plus d’un tiers des effectifs des SHS ! La philosophie ne serait ainsi plus qu’une sous-section du CNU. Lire la suite »

  • Un dixième mois de scolarité ?

    Date: 14 février 2011 | Catégories: Communiqués

    Le ministère de l’enseignement supérieur a adressé aux présidents d’université une lettre en date du 6 janvier 2010, relative à la mise en place d’un dixième mois de bourse pour les étudiants et à l’allongement de l’année universitaire que cette mesure impliquerait.

    S’appuyant sur une déclaration de la CPU du 26 août 2010, le ministère demande que toutes les universités organisent « le passage à dix mois de scolarité », et met en place un groupe de travail présidé par Patrick Hetzel pour réfléchir au « cahier des charges » de ces dix mois.

    Ces annonces appellent quelques commentaires :

    L’augmentation du nombre et du montant des bourses fait partie des mesures que QSF réclame pour améliorer les conditions de travail des étudiants. Nous sommes néanmoins encore bien éloignés d’une politique de bourses à la hauteur des exigences de la cinquième puissance économique mondiale. Les montants restent extrêmement faibles et tout à fait insuffisants pour subvenir aux besoins les plus élémentaires : nous rappelons que le sixième échelon de bourse sur critères sociaux, le plus haut, correspond à 4 370 € annuels. En même temps l’APL (Aide personnalisée au logement) continue d’être distribuée de manière indiscriminée, et n’a jamais eu comme résultat que l’augmentation des loyers dans les villes universitaires. En outre, la politique des bourses ne peut avoir qu’une faible efficacité si elle ne s’inscrit pas dans une politique de la vie étudiante tenant compte des grands besoins de nos universités en termes de bâtiments et de services, notamment les bibliothèques. Lire la suite »

  • Une importante décision du Conseil d’État à propos des concours de recrutement des universitaires

    Date: 01 janvier 2011 | Catégories: Communiqués

    Dans sa décision du 15 décembre 2010 (req. N° 316927), qui portait sur le décret relatif aux comités de sélection, le Conseil d’État a contribué à réécrire la loi LRU sur la question capitale des rapports entre le comité de sélection et le Conseil d’administration. Les dispositions de la loi LRU, et les conclusions que le ministère en a tiré dans les textes d’application faisaient du CA le « jury du concours », et limitaient la compétence du comité de sélection à donner un avis qui ne liait pas le CA. Or, dans cette décision du 15 décembre, le Conseil d’Etat modifie radicalement cette interprétation en considérant que le comité de sélection est le véritable « jury de concours ». Il en résulte que le conseil d’administration restreint « n’a donc aucune compétence pour remettre en cause l’appréciation des mérites scientifiques des candidats ; contrairement à ce qu’avait écrit le ministère, le CA ne peut pas proposer au ministre la nomination d’un candidat non sélectionné par le comité de sélection et c’est à l’adéquation des candidatures à la stratégie de l’établissement que se limite son appréciation », comme l’écrit André Legrand (« Quand le juge contredit partiellement la loi : à propos du principe constitutionnel d’indépendance des professeurs d’université » à paraître dans Actualité juridique de la fonction publique, 2011, n° 2).

    Cette partie de la décision du Conseil d’État représente le seul élément positif de l’ensemble de la jurisprudence issue des nombreux recours déposés par les universitaires contre, d’une part, le décret relatif au comité de sélection, et, d’autre part, le décret statutaire. Il s’agit d’un succès important, car il reconnaît que seule l’évaluation par des pairs, compétents dans la discipline concernée, peut fonder en droit le recrutement. Cette compétence scientifique constitue le socle de toute véritable stratégie d’établissement.

    Compte tenu des conséquences considérables de cette décision, il a semblé utile au bureau de QSF d’attirer l’attention de la communauté universitaire sur cet arrêt.