Communiqués

  • Communiqué sur le projet de loi « enseignement supérieur et recherche »

    Date: 03 février 2013 | Catégories: Communiqués

    Après avoir pris connaissance du projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche (faisant suite à la concertation lancée par les « Assises » et au rapport du député Le Déaut), et après avoir été informé par la presse des dernières modifications qui auraient été apportées à ce projet, QSF entend faire les observations suivantes, qui ne recouvrent pas cependant l’intégralité des mesures contenues dans ce long texte (55 articles), dont certaines – en particulier la reconnaissance du diplôme de doctorat – sont fort bienvenues [1].

    I – La première impression, qui ressort nettement de ce projet, est qu’il est moins ambitieux qu’on pourrait l’espérer. Si l’on veut vraiment, comme le propose le rapport Le Déaut, « refonder l’université et dynamiser la recherche », il faut des réformes qui soient à la hauteur de cette ambition. Par ailleurs, la rupture de ce projet de texte avec la loi LRU n’est pas toujours évidente, alors que le monde académique s’accorde à reconnaître que cette loi avait des défauts de construction manifestes.

    En effet, ce projet de loi n’aborde pas les deux questions décisives pour une véritable refondation des universités françaises.

    Tout d’abord, le projet de loi ne s’attaque pas à cette aberration selon laquelle, contrairement aux segments « nobles » de l’enseignement supérieur, les universités n’ont pas le droit de contrôler l’accès des bacheliers à leurs établissements. Cette absence de sélection à l’entrée ou d’orientation sélective, est le verrou du système qui empêche toute réforme sérieuse et ambitieuse des universités françaises. En escamotant ce problème et en poursuivant cette politique aveugle et irrationnelle, l’actuel gouvernement ne peut pas prétendre se donner les moyens de refonder l’université française. Lire la suite »

  • Communiqué sur la prise de position des directeurs d’IUFM à l’égard du projet de loi Peillon

    Date: 03 janvier 2013 | Catégories: Communiqués

    Dans un communiqué qui a dû surprendre un grand nombre d’universitaires, la Conférence des directeurs d’IUFM fait l’éloge du projet de loi d’orientation pour la refondation de l’École de la République. Selon elle, « les éléments contenus dans ce projet donnent une assise aux Écoles supérieures du professorat et de l’éducation et leur assignent des missions ambitieuses ».

    Un tel communiqué peut être interprété comme une tentative de récupération de ces Écoles (ESPE) par les IUFM.

    Dans son communiqué du 17 octobre, QSF s’inquiétait déjà de voir « les ESPE […] reprendre la substance des IUFM » et dénonçait le risque du retour de l’endoctrinement « pédagogiste » qui a prévalu dans les années 1980-1990. QSF s’inquiète encore plus de la volonté des directeurs des IUFM de faire d’un projet de loi une loi déjà en vigueur, avant même que le CNESER ait exprimé son avis et que la représentation nationale ait adopté ce texte. Lire la suite »

  • Communiqué sur les Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation (ESPE)

    Date: 20 décembre 2012 | Catégories: Communiqués

    La réforme de la formation des maîtres, telle que présentée dans le projet de loi d’orientation soumis à la discussion du Parlement, ravive les inquiétudes déjà exprimées par l’Association QSF.

    Cette réforme vise trois objectifs indiscutables : redonner corps à la formation professionnelle des enseignants ; revoir le dispositif de la « mastérisation » ; rendre son attractivité au métier d’enseignant en vue des recrutements massifs prévus pour les  prochaines années.

    Le dispositif présenté soulève toutefois trois ordres de problèmes :

    1) Quelle formation professionnelle pour les enseignants ?

    Les nouvelles Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation (ESPE) voient leurs pouvoirs et compétences considérablement accrus par rapport à ceux des IUFM : chargées de la formation continue, elles seront habilitées, comme composantes universitaires, à délivrer des masters Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation (MEEF). Lire la suite »

  • Communiqué sur les Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche

    Date: 17 décembre 2012 | Catégories: Communiqués

    Les deux journées de clôture des Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche (26 et 27 novembre 2012), les cent vingt et une propositions ainsi que le document de synthèse du rapporteur général du comite de pilotage, Vincent Berger, ont fait apparaître un contraste évident entre la volonté de revaloriser l’enseignement supérieur et les solutions qui sont proposées pour le faire.

    Les Assises n’ont abordé en réalité que la question du « grand malade » du système de l’enseignement supérieur, les universités, en laissant de côtés quelques-unes des causes majeures de la crise que connaissent ces établissements depuis plusieurs décennies : absence de sélection, désaffection des meilleurs bacheliers au profit des classes préparatoires et des Grandes Écoles, rôle prépondérant des organismes de recherche, crise identitaire de l’enseignant-chercheur, qualité des bureaux et des bibliothèques. Lire la suite »

  • Sur le projet de réforme de la formation des enseignants

    Date: 17 octobre 2012 | Catégories: Communiqués

    QSF ne peut que se réjouir que se remette en place une réflexion autour de la formation des enseignants, victime principale de la « mastérisation des concours » du fait de la disparition de l’année de stage. L’ébauche de projet présentée le 15 octobre au CNESER par la Direction générale de l’Enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle peut cependant faire craindre un certain nombre de dérives :

    1 – Le projet semble prévoir un recrutement massif d’enseignants dans les années à venir : ce recrutement, s’il est opéré hâtivement sans discernement – en recrutant par exemple d’un coup des milliers d’enseignants qui n’ont pas acquis le niveau imposé actuellement par les concours – peut affecter durablement la profession, tant pour ce qui est de la qualité de l’enseignement, ce qui nuirait aux élèves, que pour ce qui est de l’image et de la condition matérielle des enseignants, ce qui serait particulièrement dangereux  à un moment où les vocations connaissent déjà une crise grave. Chacun sait par ailleurs combien ces recrutements « en dents de scie » sont mal ressentis par les étudiants qui préparent les concours. Il convient donc de ne pas substituer une logique purement quantitative à la logique qualitative. Lire la suite »

  • Sur la suppression de la section CNU de criminologie

    Date: 27 août 2012 | Catégories: Communiqués

    La suppression de la section de criminologie du CNU a été annoncée par un arrêté du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, publié au Journal officiel du mardi 21 août.

    Le ministère de l’enseignement supérieur avait, par deux arrêtés  du 13 février 2012 (publiés au JO du 13 mars)  modifié, pour l’un l’arrêté du 2 mai 1995 fixant la liste des groupes et sections en créant une nouvelle section de criminologie au sein du CNU, et pour l’autre, fixé les modalités de rattachement à ladite section. Cette création avait fait l’objet d’une vive contestation des spécialistes de droit pénal, de sociologie criminelle — dont la pétition avait obtenu un certain succès -  et les arrêtés litigieux avaient fait l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat.

    QSF se réjouit de cette décision, motivée en particulier par le nombre insuffisant d’enseignants-chercheurs ayant demandé un rattachement à cette nouvelle section du CNU. Lire la suite »

  • “La vocation de l’université”: colloque à l’occasion des 30 ans de QSF – le 5 octobre 2012

    Date: 25 juillet 2012 | Catégories: Actualités, Communiqués

    La vocation de l’Université

    À l’occasion des 30 ans de Qualité de la science française (QSF)

    5 octobre 2012

    Collège de France, Amphithéâtre Budé Lire la suite »

  • La polémique sur l’évaluation des enseignants chercheurs: une mise au point de QSF

    Date: 29 juin 2012 | Catégories: Communiqués

    Le débat sur le système actuel d’évaluation des enseignants-chercheurs est au cœur de l’actualité universitaire. Une pétition, circulant sur Internet et ayant obtenu un certain succès, demande l’abrogation du décret statutaire du 23 avril 2009, qui avait été à l’origine de la grande mobilisation du premier semestre 2009. Elle fait suite à une série d’initiatives individuelles refusant par principe l’évaluation et allant jusqu’à prôner une sorte de désobéissance civile envers le système actuel d’évaluation, y compris par les pairs.

    Cette pétition invite les signataires à déclarer leur opposition « à l’évaluation quadriennale instaurée par le décret n° 2009-460 du 23 avril 2009, comme à toute forme d’évaluation individuelle systématique et récurrente ». Malgré des points d’accord avec cette pétition, qui reprend des arguments que notre association a souvent eu l’occasion de faire valoir publiquement, QSF n’entend pas soutenir ce texte. Alors que le mouvement de 2009 est né de la volonté des universitaires de ne pas être soumis au bon vouloir des présidents d’université et des conseils d’administration, qui pouvaient déterminer discrétionnairement leurs obligations de service (modulation de service, éventuellement à la hausse), la présente pétition se présente essentiellement comme une critique systématique non seulement de l’évaluation quadriennale des enseignants-chercheurs, mais également du principe même de l’évaluation, qui serait considérée comme étant en contradiction avec la liberté académique. Ces prises de position ne nous semblent pas fondées, pour les raisons suivantes : Lire la suite »

  • Remise en cause par les Présidents d’Université et les CA des classements opérés par les comités de sélection : la nécessité d’une réforme

    Date: 11 juin 2012 | Catégories: Communiqués

    Quelques jours après l’affaire de Strasbourg[1], une seconde annulation d’une procédure de recrutement a été décidée, cette fois par le Conseil d’administration de l’Université d’Aix-en-Provence, après établissement par le comité de sélection du classement des candidats retenus sur un poste de philosophie.

    Le poste était profilé « Philosophie et savoirs à l’époque classique et moderne », et la fiche publiée sur Galaxie spécifiait que le candidat recruté devait être un bon connaisseur de la tradition rationaliste de Descartes à Leibniz, et qu’il serait rattaché à un axe de recherche portant sur l’« histoire et philosophie des sciences mathématiques, de la physique et de la biologie ». Conformément à la règle et à l’esprit de la réforme LRU qui a donné naissance aux Comités de sélection, ce dernier était composé pour au moins moitié d’extérieurs, dont la plupart étaient des spécialistes reconnus du domaine de recherche défini par le profil du poste. Le comité a conduit ses travaux dans le respect du profil, en classant première une candidate au dossier très solide, travaillant aux frontières de la philosophie classique et de l’histoire des sciences biologiques et médicales, sur la vie et le vivant chez Spinoza et Leibniz. Lire la suite »

  • De l’autonomie au localisme : un nouveau cas singulier de recrutement avorté

    Date: 07 juin 2012 | Catégories: Communiqués

    Il arrive parfois que les Conseils d’administration d’universités bloquent la procédure de recrutement en refusant de transmettre au ministre compétent le nom du candidat  classé en première position (ou la liste des candidats) par le comité de sélection lorsque le candidat local a été écarté par ce dernier[1].

    C’est ce qui vient de se produire à l’Université de Strasbourg, qui a refusé de transmettre au ministère le classement opéré par un comité de sélection opérant dans le cadre de la procédure du recrutement dit du 46-3. Ce comité composé par des spécialistes reconnus de littérature française du XVIe siècle a donc vu sa décision désavouée, malgré les indiscutables qualités scientifiques des universitaires classés. Ce refus tient en réalité au fait que le candidat local n’avait pas été classé par le jury du concours au premier rang, contrairement à ce que semblaient espérer les instances dirigeantes de l’Université.

    QSF rappelle à ce propos que l’article 46.3, utilisé en l’occurrence par l’Université de Strasbourg, est destiné aux concours sur emplois ouverts par l’établissement aux Maîtres de Conférences titulaires de l’Habilitation à  Diriger des Recherches (HDR) ayant accompli au moins dix années de service dans un établissement d’enseignement supérieur. Il n’est en aucun cas réservé à une quelconque promotion locale, qui serait contraire à l’esprit et à la forme du recrutement universitaire. Ce recrutement ne peut se baser que sur l’évaluation de la qualité scientifique et didactique des candidats.

    QSF regrette une fois de plus que les nouveaux pouvoirs accordés au CA par la LRU deviennent des instruments de localisme ou de stratégies occultes. Le caractère public de l’affichage des postes et des profils a force obligatoire et le fait que les extérieurs sont à parité dans les comités est une des garanties de la légitimité des décisions qui y sont prises.



    [1] Voir à ce propos le texte de Fabrice Meilleray “La L.R.U., facteur de développement du « localisme » dans les recrutements universitaires ?”, publié dans notre rubrique “Actualités”.