Historique
L’Association pour la Qualité
de la Science Française (QSF) a été créée
en 1982 à l’initiative de Laurent Schwartz. Il s’agissait à l’époque
de réagir contre des projets ministériels qui paraissaient dangereux
pour l’université française, et en particulier contre le projet
de loi Savary, qui a finalement été voté en 1984. L’Association
a alors - et par la suite - défendu l’idée qu’une politique universitaire
moderne, fût-elle de gauche, ne pouvait être établie sur
la base de mesures démagogiques. Les positions défendues par QSF
ont exercé une influence certaine depuis plus de vingt ans, mais n’ont
guère été suivies par le législateur à cette
occasion, en particulier sur deux points importants : les instances de
gestion des universités - qui sont complexes et qui n’accordent qu’une
place restreinte aux universitaires - et le refus exprimé par la loi
- et toujours réaffirmé depuis - de toute sélection à
l’entrée en premier te en second cycles. Les contre-propositions de QSF
ont cependant été à l’origine de quelques mesures qui ont
créé des îlots de crédibilité et de qualité
dans le paysage universitaire : les magistères et le Comité
National d’Evaluation.
L’Association QSF,
qui se refuse à être une organisation syndicale, a été
conduite à présenter des candidats dans diverses élections
de portée nationale. Il s’agissait au départ de briser une opposition
frontale entre deux blocs syndicaux opposés, qui recouvraient largement
deux blocs politiques, et de faire admettre que les choix scientifiques doivent
être opérés selon des critères scientifiques et non
selon des critères syndicaux ou politiques. Ainsi, QSF est représentée
au Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER),
au Conseil Supérieur de l’Education (CNE), etc. Elle a également
présenté des candidats dans les sections du Conseil National des
Universités (CNU) et dans les élections du Comité National
de la Recherche Scientifique (CNRS) où il n’y avait pas de liste indépendante
des syndicats. En revanche, l’Association ne s’est pas considérée
comme concernée par les élections purement syndicales au Comité
Technique Paritaire (CTP). Les enseignants et chercheurs ont compris cette attitude,
comme l’attestent les résultats à ces élections. Représentée
depuis sa création au CNESER, QSF est une organisation représentative
au plan national.
Mais l’Association
pour la Qualité de la Science française n’a pas été
créée à des fins électorales. Elle a été,
depuis plus de vingt ans, un cadre de débats sur les grands problèmes
de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle a adopté
des positions sur ces problèmes, tout en se refusant à ce que
ces positions prennent un caractère de doctrine. Elle a toujours admis
la diversité des points de vue en son sein et privilégié
le débat sur l’émergence d’une nouvelle pensée unique qui
serait aussi vaine que celle qu’elle s’efforce de combattre.
Pierre Merlin